Quand le corps ne veut pas suivre la tête …

Vingt jours ont passé depuis que j’ai franchi le portail de la clinique.

Presque trois semaines m’ont filé entre les doigts, paraissant durer des mois tant elles ont été chargées. 

Bien sûr, il ne s’agit que d’un emploi du temps « étudiant », rythmé par les cours, achats divers, cafés autour de la machine, repas au self, prises de notes et retour à 17h au plus tard. 

Mais pourtant, je suis rincée. 

La clinique et son rythme monotone, ponctuée par les horaires des médicaments, était d’un ennui reposant. 

Moi qui avait passé ma vie shootée à l’adrénaline et aux occupations, j’avais accepté de laisser de la place au vide, pour appréhender le repos et y voir plus clair. Voir ce que je cherchais tant à étouffer derrière une montagne d’activités.

Le retour à la « vraie vie » m’a secouée, et j’ai du prendre les choses une à une, en tâchant de ne plus faire les mêmes erreurs, en apprenant que « faire », ça n’est pas vivre. Et que le repos est indispensable. Surtout quand ça va bien.

Évidemment, entre la pression des cours, l’excitation du retour, le remue-ménage du quotidien et son lot de bruits et stimuli en tous genre ont eu raison de moi.

Ma tête est prête à se reposer, ma tête veut nourrir mon corps, ma tête veut dormir correctement la nuit, pour bien fonctionner le jour.

Mais mon corps, lui, a retenu les leçons du passé, et il ne me pardonne plus le moindre écart.

Après trois semaines pourtant relativement « calmes » en comparaison à d’autres personnes, mon corps a dit stop.

Un rhume. Une montée de fièvre. Oh, pas besoin d’un médecin, du paracétamol et du sirop feront l’affaire.
Quinte de toux. Insomnies. Maux de tête. Courbatures. 

Oh, la rangée de pastilles pour la gorge, de l’ibuprofène, et roule ma poule, vas donc à l’autre bout de Paris passer un entretien de stage.

Des courbatures, toujours plus de fièvre, toujours moins de sommeil et une grippe transformée en bronchite ? Il semblerait qu’il faille s’arrêter.

Alors tu pleure un coup, parce que mince, tu as tout fait « comme il fallait ». Tu as bien mangé, tu t’es couchée à 21h, tu n’as même pas commencé à réviser, tu as fait tes petites courses, tu as fait le plein de bonne humeur avec du chocolat, et pourtant, tu es au fond de ton lit, ce matin, le corps le dit, il ne veut pas suivre ta tête. 

Même quand on fait les choses « bien », elles ne sont pas toujours adaptées pour tous les jours.

Alors on rumine un peu, et on finit par se résigner. Car tôt ou tard, on finit par payer sa dette.

Car pousser un peu plus loin, ce serait encore une fois étouffer les signaux. 

Dans la société actuelle, qui veut que nous fassions toujours plus, toujours plus vite, et toujours mieux, on ne se rend plus compte de l’épuisement physique et mental dans lequel nous avançons. 

En arrivant à Paris pour la première fois, mon plus grand choc a été de voir les visages des personnes le matin, dans les transports. Déprimés. Dépassés. Et ce bruit, partout. Ces kilomètres qu’il faut parcourir pour aller au travail. Cette foule qu’il faut croiser. Ces odeurs polluées. Ce gris, ce vent, ce froid.
Ma tête hypersensible n’a pas supporté, et je suis bien contente d’avoir la chance de pouvoir faire le trajet à pieds, dans une banlieue plutôt calme, le long de la Coulée Verte.

Mais cela ne me protège pas tant que cela. Je reste encore une éponge à stimuli. 
Et je ressens le contrecoup … trop tard.

Alors aujourd’hui, je reste enfermée dans le silence, le calme. Protégée de tout ce bruit. Je m’installe dans une bulle de douceur, un cocon de guérison de mon corps fatigué et de ma tête étourdie par toute cette agitation…

Je prends le temps d’aller poser mon courrier. Remettre un chèque. Dormir. Aller voir l’acupuncteur. Faire une autre sieste. Traîner, me prélasser. 

Mais les cours ? Et les examens qui arrivent ? Et les copies à imprimer ? Et ci et cela à acheter ? Tant pis.

Il n’y a pas mort d’Hommes. Le ciel ne va pas s’écrouler, je remets à quand ça ira mieux.
Quand j’aurais de la « vraie énergie » à donner.
La Terre ne s’arrêtera pas de tourner.

N’oubliez pas que le corps finit toujours par parler, alors n’attendez pas de tomber malade.

N’attendez pas la blessure, mais prenez soin de votre repos chaque jour, c’est le meilleur des remèdes C’est votre plus beau cadeau.

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