Oser.

De nature anxieuse, trop curieuse, ayant toujours été calme, plutôt très sage, bonne élève. Paroles fluides, besoin d’être avec des plus âgés.

L’ennui parfois en classe, et ce cerveau qui tourne, et tourne et tourne, un peu trop vite parfois.

Des peurs de l’inconnu. Une prudence permanente, face à toute nouveauté, tout imprévu. Un emploi du temps cadré. Des habitudes ancrées.

Le besoin d’être confortée, rassurée. Un manque cruel de confiance en soi malgré les encouragements et félicitations.

Des inquiétudes irraisonnées, non fondées, parfois farfelues.

Un stress chronique, des coliques et maux de ventres réguliers.

Des nuits agitées parfois, une hyperactivité mentale et aussi, encore parfois, physique.

Une concentration perturbée, une fatigue qui tombe rapidement …

Toutes ces choses, peut-être qu’elles vous rappellent quelque chose, ou vous font échos.

Bien que chaque individu soit unique et que chaque histoire soit différente, je pense que toute personne hypersensible peut se retrouver dans bon nombres de ces descriptions.

Peut-être même que vous connaissez des moments de déprimes, d’humeurs exaltées, de joies soudaines, d’excitation …

En tout cas, voilà un peu de moi, en quelques mots.

Une tendance à vouloir tout comprendre, tout expliquer.

L’envie de savoir, aussi, par volonté de maîtrise. Car ce que l’on contrôle, c’est de « l’imprévu en moins ». 

Alors pourquoi cette crainte de lâcher-prise ? De se laisser bercer, sans peurs, et sans soumettre sa volonté, ses choix, ses décisions ?

Peut-être un ou des évènements ayant marqué l’enfance, inconsciemment.

La peur que si notre enfant intérieur se laisse aller par la vie, alors « il risque » de se passer des choses négatives.

Cela parait fou ? Oui… Lorsque l’on sait pourtant pertinemment que la vie, ce n’est pas cela. 

Ce qu’il faut savoir, c’est que les peurs et angoisses ne sont que l’envers des désirs.

Pour oser se laisser aller à nos désirs et les découvrir, il faut pour cela faire de la place : délaisser ses peurs. 

Les jeter. S’en débarrasser. Poubelle. Oubliettes.

Peut-être que de grands spécialistes de la psychanalyse diront qu’il faut venir chercher les tenants et les aboutissants des peurs enfouies, cachées. Oui, peut-être que cela peut aider. A condition que ce ne soit qu’un moyen pour les dépasser.

Au fond, je crois que je suis quelqu’un d’assez simple (mais qui se complique beaucoup la vie).

Et je crois en la vie et la joie. 

Alors oui, je connais la plupart de mes peurs. J’ai conscience de certains de mes mécanismes de défense, que j’essaie, peu à peu, de déconstruire. Je sais reconnaître mes tendances à vouloir contrôler ce qui m’entoure, à anticiper les réponses/comportements de l’autre, à chercher à justifier les choses, à avoir peur de ce qui n’était pas prévu, à craindre les nouveautés. A taire mes émotions.

J’apprends la frustration. J’apprends à être « soumise » à la réalité des choses, à ne plus en faire qu’à ma tête et écouter l’autre.

J’apprends à ne pas avoir le choix. A ne plus anticiper un programme. A regarder le temps passer, sans chercher à le remplir par quelque chose.

Je découvre la joie excitante d’être « surprise » par des évènements soudains. J’apprends à dire avec des mots, et plus avec des maux.

Je savoure un peu plus chaque jour de laisser le temps filer entre les doigts, sans but, sans horaires, sans objectif particulier. Seulement l’attente. Le vide. C’est ce vide là qui permet d’accumuler de la vraie énergie. Qui permet de laisser les pensées divaguer, la créativité renaitre et le calme nous envahir.

C’est un travail long et difficile au départ, moi qui doit revoir des années de « protection ». Mais chaque jour, c’est un peu plus simple.

Mais ces peurs alors ? Oui, je les cerne.
Les peurs sont humaines, et elles ne sont pas faites pour être écoutées et suivies.

Les peurs existent et doivent être dépassées. 
Même si elles sont si fortes que tout votre corps pourrait se paralyser, que votre tête vous persuade du danger (mais lequel ?!)

Si vous osez, chaque jour, les dépasser et les ignorer, alors chaque fois qu’elles reviendront, leur voix sera plus discrète.

Si chaque fois que vous ressentez en vous cette appréhension, cette tension si habituelle face à une situation, vous décidez de la contrer, coûte que coûte, et de faire le contraire ce que vous seriez poussé à faire, alors vous avez gagné.
Et chaque fois que cette situation se représentera, cela sera plus simple.

J’aime à imaginer que je « déprogramme » tout un mécanisme qui ne me réussit pas, qui me rend malade, déprimée, stressée ou autre.

J’aime à penser que j’y gagne aussi en maturité, en calme et en sérénité.

Ce n’est pas forcément aisé, de se remettre ainsi en question. Mais en l’occurrence, la maladie oblige aussi à se poser les bonnes questions. Même à 21 ans. 

Parce que tant qu’elles restent sans réponses et solutions, je n’avancerai pas. Alors je prends ce temps nécessaire, et d’avoir l’impression parfois d’avoir 80 ans dans ma tête pendant ceux de mon âge ne se remettent pas (encore) en question …

C’est peut-être une chance en réalité ?

En mettant dehors ces peurs, même si vous savez aussi qu’elle font partie de votre passé, vous pouvez gagner tellement plus.

Laisser partir ces peurs, c’est accepter de faire de la place pour les désirs et les vraies envies de votre personne. 

Ignorez-les. Franchissez-les. Et ouvrez la porte vers ce qui vous pousse réellement à vivre. Levez les yeux vers le ciel, courrez dans les champs, parlez à des inconnus, tapez aux portes, trouvez ce qui vous fait vibrer. Tremblez d’excitation à l’idée de ne rien savoir, car on « devient ce que l’on est » (merci Socrate), et personne ne peut le découvrir à part vous même, à condition d’oser.

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